Poussez-vous les mecs
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La verve et la pertinence caustique de Claire Bretécher - Le Monde

l’histoire

De 1973 à 1981, la dessina trice Claire Bretécher a publié dans Le Nouvel Observateur « Les Frustrés », une série de portraits devenue culte. Plus qu’une bande-dessinée, ces vignettes furent l’un des miroirs les plus féroces et les plus intelligents de cette époque. Avachies sur un divan, ses personnages refont le monde. Mères célibataires ou femmes libérées sous Xanax, militantes du MLF et du PCF abonnées à Marie Claire, traquant la cellulite autant que le patriarcat… Brétécher aimait décorti quer la bourgeoisie bohème d’une géné ration déboussolée, empêtrée dans ses paradoxes. Des planches de BD aux planches du théâtre, Cécile Garcia Fogel et Valérie Dashwood rendent hommage à ce regard libre et s’en donnent à cœur joie, fortes d’une sororité assumée avec leur aînée.

ce qu’ils en disent

Claire Bretécher a bercé mon enfance, j’étais fascinée par son dessin, ciselé et vivant, comme sortant de la page, précis comme un sourire froid. Plus tard, j’ai retrouvé, en relisant avec mes yeux d’adulte et d’artiste, ce regard si contrasté et sans égard pour le militantisme féministe, la société bien-pensante de gauche et les postures de son époque. Elle réussit à décrire tout un paraître moral de son temps avec radicalité et finesse. Son écriture est ma base de travail, je n’utilise pas les dessins comme élément pic tural sur le plateau, juste le texte, les dialogues, les conversations entre les gens. Également s’ajoutent des inter views de l’INA non projetées mais rejouées par les deux actrices, ainsi que quelques chansons. Cécile Garcia Foge

ce qu’ils en pensent

Une drôlerie qui résonne avec nos frustrations d’aujourd’hui et nous ramène à une époque révolue où l’engagement n’empêchait pas l’autodérision. Marianne
On retrouve toute la verve et la pertinence caustique de Claire Brétécher. Le coup de crayon était résolu, les gestes et la diction des actrices sont taillés au scalpel. Une réussite. Le Monde
Un duo complice et drôle. On sent qu’elles prennent un plaisir fou à se glisser dans la peau de ces personnages ridicules et attachants. L’Humanité