Ne me libérez pas, je m'en charge

Ne me libérez pas, je m'en charge

Un choc d’émotions, profond et poétique

l’histoire

L’idée de ce spectacle est née du documentaire de Fabienne Godet sur Michel Vaujour, cet homme qui passa plus de 27 ans en prison, dont 17 dans un Quartier de Haute Surveillance, seul dans une cellule de 9 m2. Cet homme qui s’évada plus de 8 fois, dont deux fois en hélicoptère, et dont la trajectoire nous plonge au cœur de l’esprit humain, en poussant sa force mentale, tel un Maître yogi, aux confins de l’existence. Cet homme qu’une juge décida de relâcher, considérant sa détention extrême comme un acharne ment de la justice. Un récit bouleversant et incroyable, porté sur scène par Zabou Breitman, dans un monologue interprété par Yannick Choirat, membre de la troupe de Joël Pommerat

ce qu’ils en disent

Depuis plusieurs années je suis attachée à transporter le documentaire au théâtre (Des Gens, d’après Depardon, Logiquimper turbabledufou, d’après le « Sainte Anne » d’Ilan Klipper…), une source qui nous emmène parfois plus loin que le réel dans la distance théâtrale. Après deux sujets sur la folie j’aborde aujourd’hui celui de l’enfermement carcéral. Et grâce au merveilleux documentaire de Fabienne Godet, c’est cet homme-là, Michel Vaujour, que j’ai eu envie que l’on entende, car sa parole est celle d’une humanité retrouvée. Sa volonté de vivre libre est plus vaste que la mort. Cette solitude imposée, il l’a refusée, avec une force d’âme inouïe. Et l’on découvre que ce petit garçon se tapait la tête sur les murs, déjà, à quatre ans. Zabou Breitman
« Tiens écoute ! Ça s’appelle le silence ! 17 ans comme ça ! Tu penses, et t’apprends les choses par tout ce qui te manque ! Là, t’as que les murs, ils sont froids, tu restes comme ça, des années. Moi j’ai appris les choses comme ça, quoi, par le manque. Et ça te sculpte bien, tu vois ? Quand je me suis évadé, j’ai cru vraiment que j’avais gagné, quoi. J’ai compris plus tard, bien plus tard, bien plus tard… C’est qu’en vérité j’avais perdu quelque chose d’essentiel, c’était… La capacité de la joie. J’avais repris une liberté qu’était pas nécessairement joyeuse, quoi. Vraiment. Je savais pas aimer ». Michel Vaujour

rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 5 novembre