L'Événement

L'Événement

Début de soirée avec la Comédie-Française et Annie Ernaux
anthéa reçoit pendant la première semaine de février deux spectacles de la Comédie-Française : Les Bonnes dans la salle Jacques Audiberti et L’Événement dans la salle Pierre Vaneck. Vous pouvez voir les deux !

l’histoire

« Je suis enceinte. C’est l’horreur ». Dans L’Événement, Annie Ernaux raconte trois mois de sa vie, entre octobre 1963 et janvier 1964 ; trois mois séparant la période où elle se découvre enceinte et les jours qui suivent son avortement. Trois mois durant lesquels sa résolution se heurte aux préjugés, à la morale et à la violence d’un monde façonné par la domination masculine. Face à une « faiseuse d’anges », elle décrit comment elle s’est sentie naître en tant que femme. La nécessité de son récit ne vient effacer qu’une seule culpabilité : celle que cet « événement » lui soit arrivé et qu’elle n’ait pas pu, pendant si longtemps, l’inscrire dans un geste d’écriture, afin de le partager.

ce qu’ils en disent

Lorsque Denis Podalydès m’a parlé de la théâtralité de l’écriture d’Annie Ernaux, j’ai été très enthousiaste à l’idée de porter à la scène, sous sa direction, une œuvre littéraire. Le récit de L’Événement s’est vite imposé comme l’ouvrage qui permettrait de faire entendre la langue superbe et terriblement féminine de cette auteure remarquable. Jusqu’où une femme peut-elle avoir le droit de disposer de son corps ? La question de l’avortement est toujours d’actualité quand on sait qu’en Europe et dans le reste du monde des femmes meurent tous les jours des suites d’un avortement clandestin. Le silence qui entoure encore les femmes qui font ce choix n’a jamais été aussi bruyant. J’espère qu’à travers la langue si personnelle et intime de Annie Ernaux, je pourrai faire entendre cette petite voix, ce cri : « Plus jamais ça ! ». Françoise Gillard

ce qu’ils en pensent

Le spectacle de Françoise Gillard et Denis Podalydès restitue subtilement le récit d’Annie Ernaux. De sa voix enfantine, la comédienne transforme le texte en conte et nous fait entendre sa vivacité, sa précision et son amertume froidement comique. Libération
Au diapason de l’écriture dite blanche de l’autrice, la comédienne Françoise Gillard en porte les violences mais aussi le don : une neutralité du récit qui laisse exploser sa force. La Terrasse
Françoise Gillard incarne le texte avec grâce, élégance, sans aucune sensiblerie. Les mots parlent d’eux-mêmes. Elle parvient, avec un talent inouï, à transmettre un message puissamment humain avec une sensibilité rare et évidente. Sceneweb