Electric dream

Electric dream

La réalité a-t-elle surpassé la fiction ?

l’histoire

Le Collectif 8, troupe associée à anthéa, se penche cette saison sur l’univers fascinant de Philip K. Dick afin d’en proposer une mise en scène singulière. Dans un monde post-apocalyptique, la terre est en grande partie dévastée et les animaux sont devenus rares. Un chasseur de primes est chargé d’identifier et éliminer des androïdes dernière génération, indiscernables des humains, grâce à un test mesurant leur capacité d’empathie. Mais au fil de sa mission, il voit vaciller ses certitudes au contact de la troublante héritière de la puissante corporation qui conçoit ces créatures artificielles. Dans une société où les hommes semblent vidés de leur affect, entre divertissement abrutissant et religion technologique promettant une communion émotionnelle, la frontière entre le vivant et l’artificiel se fissure. L’œuvre de Philip K. Dick tout entière, à l’instar de son chef-d’œuvre Blade Runner, nous interroge sur ce qui fait réellement de nous des êtres humains.

ce qu’ils en disent

C’est à travers ses multiples adaptations cinématographiques que j’ai découvert l’univers de Philip K.Dick. Ce que j’allais découvrir en plongeant dans ses écrits fut un second choc, plus percutant, plus riche et plus profond que je n’aurais jamais pu l’imaginer. Sa pensée s’est imposée comme une révélation, un miroir sans complaisance tendu à notre monde hyperconnecté, à ses dérives et à ses aveuglements. Prise en tenaille entre des divertissements volontairement abrutissants et des cultes offrants un ersatz d’empathie, notre humanité est dépossédée de sa capacité à ressentir. L’interdépendance entre le vivant et l’artificiel s’est accélérée à une vitesse vertigineuse. Dès lors, la balance entre le bien et le mal vacille. Voici notre nouveau défi théâtral : adapter cette réflexion aussi profonde que foisonnante. Et quel plus beau paradoxe que de raconter une humanité qui perd l’empathie par le biais d’un art qui en est l’incarnation même ! C’est précisément dans cette zone frontière – entre réel et simulacre, chair et code – que le Collectif 8 puise les outils de sa recherche artistique et technologique pour inventer un langage scénique hybride. Gaële Boghossian

ce qu’ils en pensent

Avis aux aficionados de la patte Collectif 8 : leur amour des textes, de la réflexion et des arts numériques ne compte pas s’arrêter là. Et tant mieux, on en redemande ! NiceMatin
Paulo Correia et Gaële Boghossian sont des maîtres d’une technique qu’on maîtrise encore peu en France. Déroutant peut être, fascinant sûrement. Gilles Costaz

rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du vendredi 19 mars