22 minutes

22 minutes

Ali Agça, l’homme qui a tiré sur Jean-Paul II, revit son parcours et les 22 minutes qui ont changé le cours de sa vie

l’histoire

22 minutes, la durée de l’entretien historique entre le pape Jean Paul II et Ali Agça, le jeune Turc qui tenta de l’assassiner le 13 mai 1981, place Saint-Pierre, à Rome. 22 minutes, un seul en scène intense dans lequel Ali prend la parole. Non pour se justifier, mais pour remonter le fil d’un parcours qui mène un enfant humilié à la violence politique. 22 minutes, une histoire fascinante où se confrontent violence et pardon, foi et doute. 22 minutes, un récit sur la radicalisation et la possibilité, fragile, d’une rédemption. Que peuvent changer 22 minutes dans le cours d’une vie ?

ce qu’ils en disent

Mon regard sur Agça n’est pas celui d’un juge. Il ne s’agit ni de l’excuser, ni de le condamner, ni même de le comprendre. Mon désir est avant tout de m’approcher d’un homme embrigadé, tenter d’en percevoir la logique tragique, et accepter de regarder ce qui dérange. La pièce ne cherche pas à expliquer la radicalisation, mais à la traverser par la parole. Elle suit une vie marquée par l’humiliation, le besoin de reconnaissance, la fascination pour la violence et la perte progressive de soi. La question du pardon est centrale. Dans une société où les idées s’affrontent violemment et où le dialogue devient difficile, cette question me semble plus que jamais nécessaire. Le choix du seul en scène répond à un désir ancien. Le théâtre est pour moi le lieu où cette parole peut exister sans être réduite ou expliquée. Ces vingt-deux minutes deviennent alors un espace de fiction et de doute, où l’on pose des questions, sans prétendre y répondre. Benoit Solès

rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du mercredi 14 octobre