Le pas du monde

Le pas du monde

L’émotion et la virtuosité technique de la compagnie XY, fidèle d’anthéa

l’histoire

Construire avec des corps acrobates des montagnes pour soutenir ce monde dont nous causons la perte, tracer par leurs courses des rivières et des forêts en mouvement… Saisir le flux du temps, celui qui érode les sommets comme il tasse nos vertèbres, qui fait l’histoire et l’inexorable, le nouveau-né et l’arbre mort. Le Pas du Monde en perpétuelle recomposition, du mouvement imperceptible à l’effondrement tonitruant. Tous liés, tous reliés. Les corps deviennent un océan, une matière ins- table et sans cesse recommencée. Cette nouvelle création de la compagnie XY se pose comme une humble tentative de réconciliation avec le vivant et ses temporalités, offrant des fulgurances acrobatiques au service de l’émotion et de la poésie de l’espoir. Souffle, chant, marche, portés délicats et ahurissants : plongez dans l’univers fascinant du Pas du Monde.

ce qu’ils en disent

Le vivant est en métamorphose permanente. Fait de conjonctions et de concordances, le temps est maître d’œuvre de ces transformations qui s’offrent à nos regards : les différentes strates d’un sol qui nous racontent une histoire millénaire, ce qu’il faudra à un chêne pour atteindre sa maturité, quelques centaines de nos petites années humaines. Comment par le groupe, en collectif, arriver à produire une œuvre dans une époque où le nihilisme se déchaîne ? Nos premières intuitions nous poussent à ne pas aborder ces questions de manière frontale ou dans une approche qui serait soit trop onirique soit trop scientifique, mais plutôt d’interroger le vivant dans les replis du temps : quel est le temps d’une montagne, d’une forêt, d’une rivière ? Et de nos corps au plateau, transfigurer ces différentes temporalités, de les faire coexister sur un même plan, troubler nos perceptions, mesurer notre propre relativité et ainsi considérer notre rappor t au monde sous d’autres perspectives. La compagnie XY

ce qu’ils en pensent

Portés vertigineux et architectures mouvantes des corps sont la signature de ce collectif né en 2005, dont le nouveau spectacle émerveille. La douceur qui enveloppe Le Pas du Monde nous emplit d’une magie apaisante. Soufflée par des chants a cappella, elle se répand parmi les spectateurs. Une pièce intensément délicate. Le Monde
Vingt-deux artistes se lient et se délient au gré d’images surprenantes et poétiques, évoquant les métamorphoses de la nature. Une valse aérienne et renversante. Télérama
Le souffle est ici une constante, émouvant et organique, amplifié par des micros qui entourent le plateau. C’est lui qui donne toute l’épaisseur au ballet circassien qui se déploie sous nos yeux. Sceneweb