l’histoire
Pièce très connue du répertoire français du XXe siècle, librement inspirée d’un fait divers célèbre – l’assassinat en 1933, au Mans, par les sœurs Papin de leur patronne et de sa fille –, Les Bonnes met en scène deux domestiques, deux sœurs, Claire et Solange, qui préparent et répètent l’assassinat de leur maîtresse, Madame. Ces jeunes femmes sont nées du mauvais côté. Elles n’ont rien, elles ne peuvent qu’envier ce que Madame possède : des vêtements, de l’argent, une maison...ce qu’ils en disent
D’où vient la haine de Claire et Solange ? Le désir est la clef. Pourquoi sont-elles pauvres et Madame, riche ? Probablement, toutes les trois consomment la même pornographie, celle qui réduit les femmes à des objets de plaisir mourant toujours de désir... Claire, Solange et Madame sont les victimes d’un monde impitoyable dont les algorithmes savent ce dont elles ont besoin à chaque instant. Et dans cette prison, il est impossible d’atteindre le bonheur ; il n’y a ni bonté ni solidarité. Carme PortaceliSacrées ou non, ces bonnes sont des monstres, comme nous-mêmes quand nous nous rêvons ceci ou cela. Je vais au théâtre afin de me voir, sur la scène tel que je ne saurais – ou n’oserais – me voir ou me rêver, et tel pourtant que je me sais être. Jean Genet
ce qu’ils en pensent
Artiste féministe et profondément engagée dans sa vision du théâtre, la metteuse en scène barcelonnaise aime revisiter les destins tragiques de femmes, comme elle l’a déjà fait pour Madame Bovary, Jane Eyre ou Anna Karénine. La VanguardiaÀ observer son parcours de plus près et les quelques 70 spectacles qu’elle a créés, Carme Portaceli semble tisser un délicat fil rouge qui, année après année, la pousse à revisiter le destin des anti-héroïnes de la littérature internationale pour en offrir une vision actuelle et féminine. Sceneweb