Falstaff

Falstaff

commediante tragediante
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l’histoire

Sans en avoir les moyens, Sir John Falstaff mène une vie de grand seigneur à l’auberge de la Jarretière. Mais l’addition s’allonge et, pour payer ses dettes, le chevalier croit habile de séduire deux riches bourgeoises. Il leur adresse une lettre d’amour aussi ridicule qu’enflammée mais ses victimes potentielles ne tardent pas à découvrir la supercherie et décident de se venger. Falstaff se ridiculise en tombant dans tous les pièges que lui tendent ces femmes bien plus rusées que lui... Après l’apothéose de la tragédie d’Otello, en 1887, Verdi veut offrir au public de la Scala son pendant comique avec Falstaff. Mais sans doute parce que, écrit à près de 80 ans, cet opéra, le dernier du maître de Milan, est hanté par la question de la mort. Le visage de la mort sous le masque du bouffon, c’est cette lecture que privilégie la mise en scène de Daniel Benoin. Il déplace dans le temps et l’espace l’intrigue shakespearienne pour la rapprocher de nous et rendre plus perceptible l’idée de la finitude.

ce qu’ils en disent

Brosser les personnages en quelques traits, tisser l’intrigue, extraire le jus de l’orange shakespearienne sans laisser de pépins inutiles se glisser dans le petit verre ; écrire avec couleur, clarté et concision, définir le plan musical de la pièce de sorte qu’il en résulte une unité organique qui fasse d’elle une œuvre musicale alors qu’elle ne l’est pas encore, faire vivre cette joyeuse comédie du début à la fin, mais la faire vivre avec naturel et une gaieté communicative, voilà ce qui est très difficile ; et il faut que le tout semble aller de soi. Arrigo Boito, lettre à Giuseppe Verdi
Que puis-je vous dire ? Cela fait quarante ans que j’ai envie d’écrire un opéra comique et cinquante ans que je connais Les Joyeuses commères de Windsor… Toutefois les habituels « mais » m’ont toujours empêché de satisfaire ce vœu qui m’était cher. Or voici que Boito a résolu tous ces « mais » et a écrit pour moi une comédie lyrique qui ne ressemble à aucune autre. Giuseppe Verdi à un journaliste théâtral
Après avoir monté Nabucco et Macbeth, je vais mettre en scène le testament spirituel de Verdi et sans aucun doute le plus inattendu de ses vingt-six opéras : Falstaff. Toute sa vie, le maître italien a souhaité s’illustrer dans le genre léger et il pense avoir trouvé dans ce personnage de comédie celui qui va lui inspirer une musique différente. J’ai été frappé par le caractère testamentaire de l’œuvre qui s’exprime à travers un personnage pris d’un dernier accès de folie et de démesure. Comme si se sachant condamné par la médecine, Falstaff voulait s’autoriser dans le temps qui lui reste à vivre tous les excès de table, de boisson et bien sûr de sexe. Ce qui s’appelle finir en beauté. Cet opéra-bouffe est un véritable hymne à la vie. Daniel Benoin
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