saison 2018·19

Photo d'Antipolis Théâtre d'Antibes

le théâtre | présentation

Edito Jean Leonetti

Cinq ans après sa création, la fréquentation du théâtre d’Antibes a dépassé toutes nos prévisions. Avec 120 000 spectateurs et 12 000 abonnés, anthéa est devenu le premier théâtre de la Région PACA. Un tel succès nous conforte dans le choix initial d’un grand théâtre à l’architecture affirmée et symboliquement posé face au Fort Carré d’Antibes. Ce projet conçu en pleine crise économique a renforcé notre conviction que la culture constitue un antidote et un refuge pendant les périodes difficiles. Je suis particulièrement reconnaissant aux élus de la Communauté d’Agglomération qui ont accepté de relever ce défi culturel. Je remercie à nouveau le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que l’ensemble de nos partenaires et mécènes au premier rang desquels le Casino Joa la Siesta de nous accompagner dans cette belle aventure.

Le choix de faire d'anthéa une scène du spectacle vivant est aussi un parti pris qui a contribué à ouvrir le théâtre d'Antibes à un plus large public.
Une programmation diversifiée, la renommée de certains spectacles joués à Antibes avant Paris, en particulier les mises en scène de Daniel Benoin comme Le souper, Ça va ? et bientôt Tu te souviendras de moi et Misery... favorisent également ce succès exceptionnel.

Désormais, anthéa doit continuer d’appliquer cette recette de l’excellence, de la surprise et de la création... Et continuer à nous offrir de très grands moments d’émotion à travers des pièces, des concerts, de la danse, du spectacle, des coups de coeur et des rencontres extraordinaires avec des Trintignant, Dussolier, Arditi, Luchini, Sylvie Testud, Jonasz...

En outre, la politique tarifaire accessible que nous avons instaurée a permis d’attirer au théâtre des gens qui n’y allaient jamais. C’est d’ailleurs là peut-être l’une des plus belles réussites d’anthéa. Ce théâtre à travers sa programmation et le savoir-faire de Daniel Benoin et de son équipe nous offre d’inoubliables moments d’enthousiasme, de bonheur et d’émotion avec cette idée que l’excellence populaire n’est pas une expression antinomique...

À vous désormais, cher public, de choisir dans cette nouvelle programmation exceptionnelle qui nous réserve encore de belles surprises...
Bonne saison 2018/19 à anthéa.

Jean Léonetti Jean Leonetti
Maire d'Antibes Juan-les-Pins
Président de la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis

Edito Daniel Benoin

Avril 2018. Cinq ans ont passé. Un premier cycle s’achève, un autre s’ouvre.
J’ai souvent eu à coeur de rappeler combien cette aventure hors-norme a été rendue possible grâce au soutien sans faille de Jean Leonetti, au travail de l’équipe d’anthéa qui a assuré la permanence artistique et évidemment à la fidélité du public, vous, qui n’avez jamais délaissé notre maison commune. Un anniversaire, ça se fête et nous tenons à marquer le coup. Pour autant, ce qui m’intéresse, c’est de voir au-delà, d’aller de l’avant, de dessiner de nouvelles perspectives et de susciter de nouvelles envies.

La priorité sera donnée à la création. Nous coproduirons Thyeste, tragédie de Sénèque mise en scène par Thomas Jolly dans la Cour d’honneur du palais des papes. Pour ma part, je monterai pour la première fois Don Giovanni, deuxième volet des opéras de Mozart et Da Ponte après Les Noces la saison dernière. Le Collectif 8 adaptera avec beaucoup d’inventivité Le Château de Kafka tandis que Felicien Chauveau et La Machine s’attaqueront à Gargantua de Rabelais. Je crois beaucoup au théâtre qui puise sa matière dans les romans, c’est assez comparable au mouvement qui conduit les romanciers vers le cinéma. Je présenterai pour ma part une pièce que j'ai déjà montée en Suède, en Flandres et en France, L'Avare de Molière.

Outre nos créations qui sont le socle de toute vie théâtrale, nous accueillerons davantage de spectacles en exclusivité, des productions rares dont vous serez les spectateurs privilégiés. Cette année, je me suis battu pour que nous ayons en ouverture de saison l’extraordinaire récital de Depardieu chantant Barbara, un des moments scéniques parmi les plus émouvants qui soient. Et aussi la grande mezzo Cecilia Bartoli – présente sur les scènes du monde entier mais pas assez en France – qui viendra pour deux concerts exceptionnels avec l’ensemble baroque Les Musiciens du Prince.

Oui, un nouveau cycle s’annonce plein d’audaces et de désirs. Faut-il que tout change pour que rien ne change ? J’aurais tendance à le croire. Si je ne me vois pas dans la peau d’un vieux Guépard, je reste attentif à la transmission et je suis heureux que nombre de mes élèves et d’anciens compagnons de cordée soient aujourd’hui programmés dans le théâtre que je dirige. La question de la mémoire qui habite mes spectacles depuis longtemps trouve dans ce passage de relais sa pertinence. Je citerais Pierre Blain qui nous présentera Homninal, un spectacle de clown très intense et personnel, les membres du Collectif 8 bien évidemment ou Jonathan Gensburger qui a conçu un spectacle autour de la ville d’Antibes... Sans oublier Vincent Dedienne irrésistible Arlequin dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Catherine Hiegel.

Le théâtre est une famille d’amis et une histoire de fidélité. Je suis heureux quand Michel Boujenah (Ma vie encore plus rêvée) me fait découvrir La Loi des Prodiges de François de Brauer. Je suis heureux d’avoir mis Pierre Cassignard à la chanson et de le voir aujourd’hui consacrer un spectacle à Yves Montand. Je suis heureux de revoir Gérard Jugnot dans La raison d’Aymé ou François Berléand dans Ramses II du toujours surprenant Sébastien Thiéry. Heureux que puissent revenir François Morel et Bernard Pivot dans leurs hommages aux mots et à Raymond Devos. Heureux de la fidélité de Philippe Caubère pour ses adieux à Ferdinand... Heureux de retrouver Gaspard Proust et Alex Lutz, princes de l’humour. Heureux d’ouvrir les portes à Mathilde Seigner, elle sera La Nouvelle pour l’ami Richard Berry. Et à Catherine Hiegel qui sera présente non seulement pour sa mise en scène de Marivaux avec une distribution en or (Pralon, Hesme, Calamy, Dedienne...) mais aussi aux côtés de Tania Torrens, son ancienne complice du Français, sous la houlette de Pierre Notte, dans La Nostalgie des blattes. Avec le Scapin de Benjamin Lavernhe, dirigé par Denis Podalydès, la Comédie-Française nous offrira ce qui se fait de mieux. La reprise d’Art de Yasmina Reza avec Darroussin, Berling et Fromager sera un moment très attendu. Il faudra venir découvrir Mélanie Doutey et Michel Fau, surprenants dans Douce-Amère, dans une pièce rare de Jean-Pierre Poiret. On reprendra le classique Madame Marguerite, créé par Annie Girardot, et interprété par Stéphanie Bataille, très solide comédienne qui accomplit un formidable travail à la direction du Théâtre Antoine. Jean-Michel Ribes, vieux complice, sera au rendez-vous avec Sulki et Sulku... Je ne pourrai pas citer tout le monde mais sachez qu’il y aura de la musique tous azimuts, avec Benjamin Biolay, Véronique Sanson, Robert Charlebois, HollySiz (fabuleuse Cécile Cassel), Viktor Lazlo, les jumelles cubaines Ibeyi...

Voilà, renouvellement dans la continuité, réalisation de nouveaux désirs, joie d’être ensemble, c’est la feuille de route des cinq ans à venir.

Daniel Benoin Daniel Benoin
Directeur d'anthéa
antipolis théâtre d'antibes