saison 2015·16

Photo d'Antipolis Théâtre d'Antibes

le théâtre | présentation

Edito Jean Leonetti

En deux ans à peine, anthéa, imposant bâtiment de béton, de verre et d’acier semble avoir toujours occupé cette place. En deux ans à peine, le théâtre communautaire qui a multiplié par quatre le nombre de ses abonnés, est en passe de devenir une des scènes les plus fréquentées de notre région. Le secret de cette réussite tient au caractère exceptionnel du lieu et à la programmation de très grande qualité.
Offrant deux salles de spectacle - dont une permet d’accueillir 1300 personnes - et un plateau capable de recevoir par exemple le spectacle de Bartabas ou celui, plus intimiste, de Dussolier, anthéa n’est que modernité, confort et plaisir, de l’accueil au toit-terrasse qui couronne le bâtiment s’ouvrant sur le Fort Carré, la ville d’Antibes et la Méditerranée.
Mais cet écrin prestigieux ne serait rien sans la programmation exceptionnelle que, dès l'origine, Daniel Benoin a réussi à proposer. Soirées et spectacles ont parsemé tout au long de la saison leur diversité et leur qualité : théâtre classique ou contemporain, opéra, musique, danse, one-man-shows nous ont fait vibrer du rire aux larmes, de la comédie au drame satisfaisant les goûts plus audacieux et les plus classiques.
La diversité des spectacles a répondu la diversité du public de tous âges et de tous horizons, venant cueillir dans les bouquets proposés leurs préférences.
anthéa est aussi un formidable outil de création. Le Souper, créé ici et mis en scène par Daniel Benoin, a été par la suite un magnifique succès sur les planches parisiennes du théâtre de la Madeleine. Pièce ambitieuse, portée par de grands comédiens, Niels Arestrup et Patrick Chesnais, Le Souper prouve que des productions locales peuvent avoir un rayonnement national.
L’une des grandes réussites d’anthéa est aussi d’avoir tissé des liens forts avec les acteurs culturels locaux. Loin d’écraser l’offre culturelle déjà existante sur notre territoire, anthéa apporte au contraire un souffle nouveau aux initiatives dans ce domaine. Label Note a ainsi fêté ses 10 ans sur le toit d’anthéa quand les Déantibulations ont investi la façade et la terrasse du théâtre. Des passerelles existent avec le réseau des médiathèques de la CASA, les festivals Jazz à Juan et Boeuf Théâtre mais également avec le Conservatoire de musique et d’art dramatique d'Antibes Juan-les-Pins.
Aujourd’hui, il apparaît comme une évidence qu’il fallait voir grand pour voir juste, et je tiens à remercier tous ceux qui ont cru en ce projet et ont réussi à relever ce défi au premier rang desquels Daniel Benoin et toute son équipe car ils ont réussi en seulement trois ans à transformer un théâtre tout juste sorti de terre en un espace vivant et apprécié de tous, où l’exigence est compatible avec le succès populaire.
Une fois encore, la programmation de la saison 2015-16 répond avec brio à ce pari et prouve, si besoin est, que la culture rassemble les êtres humains dans leur diversité et leur ouvre des horizons d’espérance.signature Jean Léonetti

Jean Léonetti Jean Leonetti
Député-Maire d'Antibes Juan-les-Pins
Président de la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis

Edito Daniel Benoin

Les résultats de la saison 2014-15 ont dépassé tous les objectifs que nous nous étions fixés. Lorsque nous avons commencé à rêver à ce théâtre avec Jean Leonetti, nous comptions sur 40 000 spectateurs. Au terme de la deuxième saison, vous étiez plus du double dont 8 700 abonnés. Mon naturel optimiste est plus que comblé ! La rançon de ce beau succès : une suractivité qui exige beaucoup du personnel (que je tiens à saluer et à remercier), du matériel, du bâtiment, et de la collectivité locale. Une suractivité qui a parfois des conséquences fâcheuses, en particulier quand un spectacle s’annule et que les remboursements des places, que nous ne pouvons effectuer nous-mêmes, prend des mois. Techniciens, artistes, politiques, tout le monde a transpiré. Faudrait-il dès lors « réduire la voilure » ? Comment empêcher un si beau vaisseau d’avancer pour atteindre des horizons inattendus ? Avec la troisième saison d’anthéa (2015-16), nous achèverons un premier cycle de cette aventure collective. Pendant trois ans, nous avons voulu satisfaire tous les publics en recherchant des spectacles sur une palette des plus étendues tout en restant exigeants. Mais ceux qui nous ont fait confiance ont aussi connu le plaisir de la découverte et nous en remercient, c’est notre plus grande récompense. Aujourd’hui, anthéa est un théâtre qui fait partie du paysage national et supporte la comparaison avec les plus grandes scènes. On pense spontanément à venir y travailler ou créer des spectacles, et ce n’est pas un hasard si Jean Reno, récemment dans nos murs, veut y créer son futur one-man-show.
Je me dois d’être le premier à servir cette maison. Aussi vous proposerai-je deux créations et une reprise à savoir La Bohème de Puccini. Cet opéra que tout le monde sait fredonner est celui de l’éternelle jeunesse révoltée et romantique dont j’ai situé les tourments dans l’après Mai 68. Je monterai aussi une adaptation du Remplaçant, le très beau livre d’Agnès Desarthe, avec l’indispensable Sylvie Testud, et une série de courtes pièces de Jean-Claude Grumberg – à mon sens l’un des plus grands auteurs vivants – qui toutes commencent par « Ça va ? », cette petite phrase qui donne son titre au spectacle.
Nous produirons aussi les spectacles de deux jeunes et audacieuses compagnies qui s’emparent sans trembler des grands mythes littéraires : le Collectif La Machine se mesurera à Don Quichotte, tandis que le Collectif 8 s’attaquera au Faust de Goethe, le grand « timonier » de la littérature allemande. Enfin, notre ami Jacques Bellay reprendra Cage d’après Kafka avec une nouvelle distribution, un spectacle qui a déjà fait le tour de l’Europe.
Parmi les spectacles invités il y aura ceux que j’appelle les 4 « B », nos compagnons de route : Bouquet, Brasseur, Baer et Berléand mais aussi les très affectionnés Jacques Gamblin, Lorànt Deutsch, Philippe Caubère et Pierre Richard. Ainsi que le si talentueux François Morel.
anthéa dans la cour des grands, c’est aussi une coproduction avec le Festival d’Avignon et Olivier Py pour sa création du Roi Lear qui ouvrira dans la cour d’honneur le festival 2015 et viendra à Antibes en décembre. Philippe Adrien, Marc Paquien, Didier Bezace et Gilles Bouillon seront tout à leur affaire avec Molière, Feydeau ou Tchekhov. Le répertoire contemporain s’honorera de la visite de Florian Zeller qui met en lumière la grande Catherine Hiegel dans La Mère, Molière 2011 pour ce rôle. On voudrait tous les citer...
Trois opéras : La Périchole d’Offenbach et Così fan tutte de Mozart en plus de ma Bohème. Mais aussi toute une semaine avec les clowns mondialement célébres du Slava’s Snowshow, et le must du cirque poétique de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée.
De la danse tous azimuts avec Decouflé, Preljocaj ou Merzouki, et pas moins d’une dizaine de concerts et récitals dont l’étonnant flamenco de Lenacay, Ibrahim Maalouf, Lou Doillon, Hindi Zahra, Imany, Tchéky Karyo ou Abd Al Malik...
Entre avril et mai, un festival d’humour avec les one-man-shows de Gaspard Proust, Christophe Alévêque, Sophia Aram, François-Xavier Demaison.
Après le dernier baisser de rideau, nous aurons fait un grand tour. Nous inventerons alors une nouvelle saison et, ensemble, nous ferons en sorte de perfectionner notre outil et de tenter de nouvelles expériences en termes d’accueil ou de créations. De changer sans se renier pour que le spectacle continue.

Daniel Benoin Daniel Benoin
Directeur d'anthéa
antipolis théâtre d'antibes