l’histoire
Metteur en scène génial, prolixe et profond, Georges Lavaudant est un ami fidèle d’anthéa. Après avoir proposé une vision puissante du Phèdre de Sénèque il y a deux ans, et s’être emparé la saison dernière du Rapport pour une académie de Kafka, c’est à Molière qu’il s’attèle, et à sa pièce la plus complexe et nuancée, Le Misanthrope. La vérité du dramaturge désabusé s’y dévoile, dénonçant, à travers Alceste, l’hypocrisie et les mensonges des relations humaines. Dans une mise en scène épurée, portée par le jeu d’Éric Elmosnino, Lavaudant explore les pensées des personnages de cette comédie de moeurs et nous démontre avec force que la vérité n’existe pas.ce qu’ils en disent
Voici le coup de génie de Molière : il ne s’agit pas d’amour, ni même de patriarcat. Il s’agit de vérité. La vérité des êtres et de leurs liens. Son jeu de prédilection est un jeu de société – il est la société même : attirer, enjôler, frôler, jongler. Rire, médire. Ne pas choisir. À quoi bon la vérité ? Pourquoi garantir sa valeur sur elle ? Personne n’en dispose, personne ne compte sur elle, chacun fait crédit à ses voisins et ainsi va le monde. Il y a là la matière d’une comédie brillante, subtile, moderne. Georges Lavaudant et Daniel Loayzace qu’ils en pensent
Dès le début, le personnage d’Alceste pensé par Lavaudant est planté : il est un maniacodépressif, un type sur pilotis à la voix chevrotante. Il est proche de nous, il est, qu’on le veuille ou non, une part de nous. Anthony Palou, Le FigaroUne version tout en maîtrise et en équilibres. La scénographie est majestueuse, et Elmosnino est impeccable, campant un misanthrope tout en clair-obscur. Vincent Bouquet, Sceneweb
Une mise en scène au scalpel, avec un Elmosnino phénoménal. Joëlle Gayot, Le Monde
rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du mercredi 5 novembre